Université de Rennes 1

  • Plan Vigipirate : sécurité renforcée à l’université

    Dans le cadre du plan Vigipirate "vigilance renforcée", des mesures sont prises pour préserver la sécurité des personnels et des usagers au sein de l'établissement.

    Suite aux événements tragiques du vendredi 13 novembre 2015, l'état d'urgence a été voté par le parlement pour une durée de 3 mois allant jusque fin février 2016. De tels actes ne doivent en aucun cas atteindre leur but d’interrompre le fonctionnement de nos institutions. L'Université continuera d'assurer ses missions. Cependant, il est important d’être vigilants afin de permettre à chacun de se sentir en sécurité sur les campus.

    Dans le cadre du plan Vigipirate "vigilance renforcée", des mesures sont prises pour préserver la sécurité des personnels et des usagers au sein de l'établissement :

    • en renforçant la surveillance des locaux : des agents de sécurité pourront procéder à des contrôles visuels des sacs et de la qualité des personnes de façon aléatoire. Toute personne ne respectant pas ces consignes ou refusant de se soumettre aux contrôles se verra interdire l'accès aux locaux.
    • en appelant à respecter les consignes suivantes.

    Consignes générales pour les étudiant(e)s et personnels

    • Pouvoir être en mesure de justifier sa qualité d'étudiant ou de personnel sur les campus (carte d'étudiant, carte professionnelle ou à défaut pièce d'identité). Les services de l'université sont susceptibles de demander la présentation de ces pièces à tout moment, et ponctuellement aux entrées des sites et bâtiments lors d’opérations de contrôle.
    • Se soumettre au contrôle visuel du contenu des sacs, paquets, bagages à main, demandées par les personnes habilitées (responsables de campus, doyens, directeurs et responsables administratifs d'UFR, écoles et instituts, responsables des services communs et centraux, personnels du Service Qualité, Sécurité, Environnement - SQSE).
    • Signaler tout objet pouvant être suspect et abandonné par son propriétaire. Il est interdit de laisser sans surveillance les bagages et les affaires personnelles dans les salles de cours, bibliothèques, couloirs des bâtiments. Il est formellement interdit de garder ou de faire garder tout bagage ou colis dans les points d'accueil ou les secrétariats.
    • Signaler les agissements ou comportements manifestement anormaux.
    • Ne pas déverrouiller les portes et ne pas les bloquer en position ouverte.

    Tout signalement doit être fait auprès de la personne responsable / encadrante la plus proche, ou du responsable de site, ou du Service Qualité, Sécurité, Environnement.

    • Stationnement

    Les parkings feront l'objet d'une attention particulière. Les stationnements sont formellement interdits aux endroits réservés à l'intervention des services de secours ce qui, en cas de besoin aurait pour conséquence de ralentir leur intervention. Certains stationnements pourront être condamnés suivant les recommandations des autorités compétentes.

    • Déplacements

    Il convient également de s'interroger sur la pertinence de tout déplacement individuel ou collectif, et de décider notamment en fonction des consignes du Ministère des Affaires Etrangères en dehors du territoire métropolitain.

    Consignes particulières pour les personnels

    • Circulation de personnes extérieures à l’université

    Etre attentif aux entrées des personnels des sociétés ou entreprises intervenant dans l'établissement.

    • Livraison - colis

    Contrôler les livraisons et s'assurer de la légitimité des véhicules à accéder aux établissements (autorisation, identification).
    Ne réceptionner que les colis faisant suite à une commande, refuser la livraison de tout autre colis ou paquet non-identifié.
    Éviter toute accumulation d'objets (cartons, palettes, sacs) à l'intérieur ou à proximité des bâtiments.

    • Organisation de manifestation

    Toute manifestation publique organisée dans l'enceinte de l'université doit être signalée au moins 5 jours avant, au responsable de site. Le SQSE centralisera les demandes qui seront soumises à autorisation en lien avec les services de la préfecture.

    Numéros utiles

    • PC sécurité de l’université : 02 23 2(3 33 33)
    • Urgence POLICE : 17 ou 112

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    Following the tragic events of Friday 13 November, 2015, the parliament voted to extend the state of emergency for a period of three months, through the end of February 2016. The terrorist acts must not be allowed to achieve their goal of interrupting the operation of our institutions. The University will continue to carry out its missions. However, it's important to be vigilant so that everyone can feel safe on our campuses.

    Under the "enhanced vigilance" level of the Vigipirate Plan, measures are being taken to protect staff and students at the university:

    • by providing added surveillance: security guards may carry out random visual bag checks and ask people for identification. Anyone who does not follow instructions or who refuses to be checked will be denied access to the premises.
    • by issuing the following instructions.

    General instructions for students and staff

    • Be able to provide identification proving you are a student or staff member on campus (student card, business card or other ID). The University can ask you to show your ID at any time, and in particular at entrances to sites and buildings during security checks.
    • Allow visual inspection of the contents of bags, packages and hand luggage by authorized persons (campus officials, deans, directors and administrators of UFRs, schools and institutes, Central Services managers, Quality, Safety, Environment (SQSE) personnel).
    • Report any unattended suspicious items. It is strictly forbidden to leave luggage and personal belongings unattended in classrooms, libraries or hallways. It is strictly forbidden to leave luggage or packages at reception desks or secretary's offices.
    • Report manifestly abnormal behaviour.
    • Do not unlock doors and do not block them open.

    Reports must be made to the closest school official / manager or the site manager or to the Quality, Safety, Environment Department.

    • Parking

    Car parks will be carefully monitored. Parking is strictly forbidden in the places reserved for rescue vehicles. Some parking spots may be blocked off based on the recommendations of the competent authorities.

    • Travel

    Decisions to travel abroad should be made based on the guidelines of the Ministry of Foreign Affairs.

    Special instructions for staff

    • People on campus not affiliated with the university

    Pay attention to the personnel of companies or firms working at the university.

    • Delivery - packages

    Monitor deliveries and screen vehicles entering the university (authorization, identification).
    Accept only those packages that have been ordered; refuse delivery of any other packages or unidentified objects.
    Do not allow items such as cartons, pallets or bags to accumulate inside or near buildings.

    • Event organization

    The site manager must be notified of any public demonstration at the university at least 5 days prior to the event. The SQSE will centralize the requests, which will require authorization from the prefecture.

    Useful numbers

    • University Security Station: 02 23 2(3 33 33)
    • POLICE Emergency: 17 or 112


  • "Après le 13 novembre, travaillons à nous rendre heureux, ensemble !"

    Une semaine après les attentats qui ont endeuillé Paris, le point de vue de Jacqueline Lagrée, professeur émérite de philosophie et médiatrice de l'université de Rennes 1.

    "Peace for Paris", par Jean Jullien

    La tuerie du 13 novembre suscite dans la France entière et à l'étranger un effet de sidération et des sentiments mêlés de colère, de pitié, de peur parfois. D'autres, plus compétents que moi en ce domaine, analyseront les causes de ce mal et les moyens d'y remédier. Mais nous resterons attentifs à ne pas laisser les exigences légitimes des conditions de sécurité l'emporter sur les valeurs de la démocratie. Plus que jamais le goût de la liberté, la valeur de l'égalité qui exclut toute discrimination et le sens de la fraternité dans la solidarité doivent inspirer notre conduite. Ce dont nous avons besoin, ce ne sont pas de plaintes mais de silence qui est une forme de respect et d'actions justes.

    Toutefois, la philosophe que je suis ne peut s'empêcher de centrer sa réflexion sur un point.

    Les assassins du 13 novembre n'ont pas frappé au hasard ; ils ont visé des lieux où des gens comme vous et moi, des jeunes pour la plupart, vivaient ensemble un moment de plaisir : le plaisir de boire un pot avec des amis parce que la fin de la semaine est le moment où l'on souffle un peu, où l'on se retrouve avec ceux qu'on aime pour partager un verre et des conversations, sérieuses ou futiles, peu importe. Ils ont attaqué un lieu de spectacle et de musique qui mêlaient deux ou trois générations et de multiples cultures, des lieux de culture et de partage ; ils ont failli atteindre un stade où, sans enjeu de titre, des footballeurs donnaient du bonheur à grand nombre de gens, de l'enfant au senior, bonheur de bien jouer et bonheur de voir  jouer, au point que les premières détonations ont été interprétées comme des manifestations ludiques de supporters.

    Je n'aime pas vraiment le rock, je n'ai jamais assisté à un match de foot mais j'aime boire un café ou un apéritif en terrasse avec des amis. Ce plaisir éprouvé et honni des fanatiques qui le qualifient de pervers parce qu'ils en ont peur, est aussi, nécessairement un plaisir partagé : si l'on aime le foot, on va au match avec des copains ; on ne se contente pas de la télé en famille ; si on aime la musique, on va au concert quand on peut, qu'il soit classique, folk, jazz ou rock, et on n'y va pas seul mais en couple ou en bande car ce plaisir esthétique se redouble du sentiment d'une émotion partagée, d'une communion affective, pour ne rien dire des commentaires qui suivront, au café justement.

    Ce simple constat, que ce ne sont pas des juifs, des chrétiens, des athées ou encore des musulmans qui ont été visés, mais des gens ordinaires, heureux tout simplement et qui n'avaient pas envie d'être heureux tout seuls, doit aussi commander notre réaction. Ne nous laissons pas envahir par les passions tristes ; ne cherchons pas des coupables : la police, les magistrats et les politiques s'en chargent bien. Mais faisons comme le cavalier qui a heurté un obstacle : en avant, calme et droit. Cultivons l'art de bien vivre avec des bonheurs simples, ces petits bonheurs minuscules qui font le sel de la vie : boire un café en terrasse et manger un croissant avec des amis, aller au théâtre, au concert ou au cinéma, faire du sport, chanter, rire et danser, et travailler aussi. Quand on lui demandait : qu'est-ce qu'être normal ? Freud répondait : « pouvoir aimer et travailler ». Cette puissance là ne nous sera pas ôtée. Persévérons donc dans notre être et travaillons aussi à nous rendre heureux, ensemble.

    Jacqueline Lagrée
    Professeur émérite de philosophie
    Médiatrice de l'université de Rennes 1

    Le dessin «Peace for Paris» repris en tête de ce texte a été réalisé après les attentats du 13 novembre 2015 par l'artiste français Jean Jullien.



  • Évolution : le crâne humain favorise la vision périphérique

    La structure de l'orbite humaine est unique, comparée à celle des autres hominoïdes. Au cours de l'Évolution, elle semble avoir peu à peu favorisé notre vision périphérique. Publication dans Scientific Reports.

    Un cache de carton ne parvient pas à obturer la partie latérale de l'orbite humaine, contrairement à celle d'un autre hominoïde. Specimens MNHN. Crédit : E. Denion

    L'étude

    Pour aboutir à cette découverte, les scientifiques ont comparé les orbites de 100 crânes humains et de 120 crânes d'hominoïdes non humains.

    Ils ont pu montrer que les êtres humains et les gibbons possèdent des orbites nettement moins convergentes (moins orientées vers l'avant) que les chimpanzés, les bonobos, les gorilles ou les orangs-outans. Nos orbites sont plus larges que hautes, leur rapport largeur/hauteur étant le plus important parmi les hominoïdes. Ces caractéristiques suggèrent que notre morphologie favorise la vision latérale.

    Mais surtout, les auteurs de l'article ont observé que sur un crâne humain, le bord latéral des orbites (en anglais 'lateral orbital margin", abrégé LOM sur la figure ci-dessus) est placé plus en arrière que sur les crânes des autres hominoïdes. Nos globes oculaires, dont la position dans l'orbite est très antérieure, tirent profit de la position postérieure du bord latéral externe. Ce dernier ne s'interpose pas quand le globe oculaire se tourne vers l'extérieur, ce qui permet au champ visuel latéral d'augmenter de presque 50% dans cette position oculaire. Les scientifiques estiment probable que ces caractéristiques découlent davantage de la sélection naturelle, plutôt que d'être une simple conséquence de l'évolution d'autres structures crâno-faciales.

    La savane contemporaine - Parc du Serengeti - Photo : Thiery44/Flickr

    Bipédie, savane et ultraviolets

    Nous vivons en effet en milieu ouvert, où le risque de traumatisme oculaire par branches est faible comparé à celui, élevé, des autres hominoïdes qui vivent dans des forêts tropicales. De plus, nous vivons au sol, où la majorité de nos cibles visuelles se trouvent dans un plan horizontal. La bipédie, caractère distinguant les êtres humains des autres mammifères, entraîne une position haute et très verticale de la tête, qui se trouve en surplomb par rapport au corps, dans une position idéale pour balayer l'espace horizontal, au-dessous d'éventuels obstacles peu élevés. Ces facteurs suggèrent que l'abandon de la vie arboricole pour une vie dans la savane, lié à l'avènement de la bipédie, ont fait évoluer la morphologie de l'orbite humaine d'une façon telle que son rebord latéral a reculé.

    Enfin, les auteurs de l'étude pensent que cette position plus exposée du globe oculaire chez les êtres humains résulte d'un compromis entre les affections résultant de l'exposition de l'œil aux ultraviolets, tels que les ptérygions ou certaines cataractes, et un champ de vision large, dont les mouvements oculaires latéraux augmentent encore l'extension.

    Le contexte

    Notre champ visuel peut être divisé en deux zones distinctes :

    • la vision centrale, réduite à une petite surface, permet de voir net, avec une bonne restitution des couleurs. Elle autorise la perception du relief, mais se révèle inapte à suivre les mouvements rapides et perd beaucoup de sa précision en faible lumière.
    • la vision périphérique, la plus large (plus de 80% de notre champ visuel total), est floue et imprécise sur les couleurs, mais très rapide. Elle nous permet de détecter les mouvements avec une grande sensibilité, même en conditions de basse lumière.

    La vision centrale est très développée chez les prédateurs (comme chez le carnivore ci-dessous, un léopard Amur), qui ont besoin de situer leur proie avec précision dans l'espace. Elle est favorisée par la position des globes oculaires, convergents (orientés vers l'avant de la face).

    Une vision périphérique performante sur la détection des mouvements est cruciale pour la survie des proies (ci-dessous un herbivore, la gazelle Douglas). Elle est renforcée par la position latérale des globes oculaires.

    Chez les êtres humains, et de manière surprenante, le champ visuel périphérique est encore peu étudié. Le docteur Éric Denion y consacre ses recherches depuis plusieurs années, à l'aide d'instruments et de méthodes pionnières dans le domaine. C'est dans la continuité de ces recherches qu'il a orienté sa démarche vers la comparaison des champs de vision latéraux des hominoïdes, dont les résultats sont rapportés ici. Ils montrent que si, au cours de l'Évolution, le perfectionnement de notre vision centrale a renforcé nos capacités de prédateurs, ce processus s'est accompagné d'une extension de notre champ visuel latéral favorisant la détection des menaces : un véritable compromis évolutif vers la meilleure combinaison possible des deux avantages.

    Léopard Amur et Gazelle Douglas, un prédateur et une proie, deux champs de vision très distincts - Images Keven Law (g.), Khendon (dr.) / Wikimedia Commons

    Les auteurs

    Frédéric Mouriaux est professeur d'ophtalmologie à l'université de Rennes 1 et au CHU de Rennes. Il a dirigé les travaux du docteur Éric Denion, premier auteur de l'article, chef du service d'ophtalmologie au CHU de Caen et doctorant à l'UniCaen, qui a bénéficié de l'appui de ses collègues de l'UMR Comete (UMR-S 1075 Inserm/UniCaen - Mobilités : Attention, Orientation et Chronobiologie), de la faculté de médecine de l'UniCaen et du Centre de lutte contre le cancer François Baclesse :

    • Martin Hitier, maître de conférences des universités au CHU de Caen, oto-rhino-laryngologiste et anatomiste ;
    • Vincent Guyader, statisticien indépendant ;
    • Audrey-Emmanuelle Dugué, statisticienne au Centre François Baclesse.

    Parmi les travaux du docteur Éric Denion sur le champ visuel périphérique, on peut également noter cette étude qui relève une forte restriction du champ visuel lors du port de lunettes de soleil à monture épaisse. Cet élément doit être particulièrement pris en compte lors de la conduite de véhicules.

    Les lunettes de soleil à monture épaisse réduisent fortement le champ visuel périphérique - Image Pedro Ribeiro Simoes / Wikimedia Commons


  • Étude épigénétique des lymphocytes B : éclairer l'origine des lymphomes

    En cas d'anomalie, le développement complexe des lymphocytes B peut évoluer vers une grande variété de tumeurs cancéreuses. Une étude fine des marqueurs épigénétiques des lymphocytes B en cours de maturation éclaire les premiers stades d'apparition des lymphomes. Contribution de deux chercheurs de l'unité MICA (Inserm/Rennes 1/EFS) à un article de Nature Genetics, dans le cadre du consortium de recherche européen BLUEPRINT.

    Représentation d'un lymphocyte B (détail) - Bruce Blaus / Blauser Gallery 2014 - Wikimedia Commons

    Vous avez dit "épigénétique" ?

    Dans notre corps, notre ADN, qui comporte 3,2 milliards de paires de bases est recopié des dizaines de milliers de milliards de fois chaque jour, à chacune des divisions de nos cellules. Des erreurs interviennent parfois dans ces innombrables copies de notre génome. Par chance, elles sont extrêmement rares : ce sont les mutations. Lorsqu’elles touchent les gènes, des modifications importantes et permanentes du fonctionnement de notre organisme peuvent en résulter.

    Mais il existe un autre type de modification, réversible celui-là : la méthylation de l’ADN et/ou des modifications des protéines associées à l’ADN. Celles-ci ne modifient pas le patrimoine génétique lui-même, mais agissent sur la lecture de nos gènes pouvant moduler l’intensité d’expression. C’est ce qui explique que nos cellules souches, qui partagent pourtant le même ADN, évoluent de manière très différente vers un neurone, une cellule cardiaque ou un globule blanc par exemple. On appelle « épigénétique » l’étude de ces modifications d’expression du génome.

    En savoir plus sur l'épigénétique (site de l'Inserm)

    Détail d'une infographie de Sylvie Dessert sur l'épigénétique - à consulter sur http://www.inserm.fr/thematiques/genetique-genomique-et-bioinformatique/dossiers-d-information/epigenetique

    Un nouvel outil d'exploration appliqué aux cellules du sang

    Les modifications épigénétiques surviennent au cours de la vie d’un individu, en réponse aux modifications de l’environnement (celui de la cellule, ou de l’individu) avec possibilité de transmission à la descendance. Elle peut aussi intervenir lors de certaines maladies et notamment dans la transformation des cellules saines en cellules tumorales.

    Les techniques récentes permettent désormais une étude très fine des éléments méthylés de l’ADN. Un vaste projet de recherche européen, baptisé BLUEPRINT, applique ces techniques à l’étude épigénétique des cellules du sang, saines et pathologiques.

    Contribution rennaise

    Dans le cadre de BLUEPRINT, le groupe de travail dirigé par José I. Martin-Subero (Barcelone) s’est intéressé à la différenciation normale des lymphocytes B humains, en effectuant des comparaisons avec des lymphocytes B tumoraux. À Rennes, une partie de cette étude a été confiée à Thierry Fest, professeur de médecine à l’université de Rennes 1 et à Gersende Caron-Lacombe, ingénieure de recherche dans l’unité Inserm/UR1/EFS Micro-Environnement et Cancer. L’équipe rennaise est en effet reconnue pour son expertise dans la caractérisation et l’isolement des lymphocytes B naissants.

    Le développement complexe des lymphocytes B

    Dans notre sang, le lymphocyte de type B ( une catégorie de globules blancs) a pour ultime destinée d’étiqueter, à l’aide d’anticorps, les cellules modifiées par une infection par exemple ou un processus cancéreux pour déclencher ou contribuer à leur destruction. Pour cela, le lymphocyte B sécrète un anticorps qui vient se lier à l’antigène porté spécifiquement par la cellule à détruire.

    Au début de leur existence, qui commence dans la moelle osseuse, les lymphocytes B ne sont pas encore capables de reconnaître un antigène spécifiquement ni de produire des anticorps. Leur développement passe par de nombreux stades de différenciation. À chacun d’eux, les marques épigénétiques jouent un rôle complexe, affectant le devenir de la cellule en réponse au micro-environnement. Quand le lymphocyte B évolue vers une cellule cancéreuse, la diversité des configurations possibles peut ainsi donner naissance à une grande variété de tumeurs.

    La différenciation des lymphocytes B - Source : international ImMunoGeneTics information system® http://www.imgt.org

    Lumière sur les tous premiers stades du lymphome

    Les résultats obtenus par le groupe de travail auquel ont collaboré les chercheurs rennais sont publiés dans la prestigieuse revue Nature Genetics. Ils montrent une progressive déméthylation du génome évoluant parallèlement avec l’expression des gènes, et qui s’intensifie quand les lymphocytes B deviennent capables de sécréter des anticorps correspondant à un antigène spécifique. Des signatures spécifiques à chaque stade de la maturation ont ainsi pu être établies.

     

    Étapes de différenciation d'un lymphocyte B - T. Fest, G. Lacombe et al.

    Enfin, de manière très intéressante, les chercheurs ont repéré un lien d’influence possible entre la configuration épigénétique liée à un stade particulier du développement des lymphocytes B, et les changements de méthylation qui accompagnent l’accélération de leur reproduction, ainsi que leur transformation en cellules malignes.

    Carte de chaleur de la méthylation de l'ADN de lymphocytes B - T. Fest/G. Lacombe et al.

    Dans le prolongement de cette recherche l’équipe rennaise termine un projet qui vise à caractériser la reconfiguration de l’épigénome au moment où un lymphocyte B devient un plasmocyte, capable de produire des anticorps.



  • Participez aux Journées nationales de l'archéologie 2015

    Les 19, 20 et 21 juin 2015, visites, ateliers, démonstrations de réalité virtuelle et conférences mettront en lumière la place Saint-Germain, les Portes Mordelaises, le Couvent des Jacobins, Louise de Quengo... et la contribution des chercheurs des unités IRISA* et CReAAH*. Une offre largement ouverte aux enfants cette année.

    Journées nationales de l'archéologie 2015 - Image : Herviaux/Inrap

    Un « Village archéologique » aux Champs Libres

    Durant trois jours, les acteurs de l'archéologie se mobilisent afin de faire re-découvrir au public la discipline, en installant un « village » de l’archéologie aux Champs Libres à Rennes. Il regroupera le musée de Bretagne, l'Espace des sciences, l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap), des chercheurs de l’IRISA* et du CReAAH* ainsi que des associations (Men Ha Houarn, Alter Ego) afin d'offrir des activités innovantes, originales et interactives.

    Au programme : rencontres, projections, expériences immersives, ateliers et conférences autour de l'actualité archéologique du territoire de la Métropole. En lumière notamment : les découvertes récentes de l’Inrap pour les périodes médiévale et moderne, par exemple sur le chantier du métro place Saint-Germain ou sur celui du Couvent des Jacobins (dont la présentation de la sépulture de Louise de Quengo).

    Au Village, les enfants seront tout particulièrement invités à découvrir une exposition, des jeux, et des ateliers (initiation à la céramologie, à la fouille, à l’anthropologie).

    Vendredi 19 : journée réservée aux scolaires, 12h-19h

    Samedi 20 et dimanche 21 juin : accès libre et gratuit à tous les publics
     

    Coeur en plomb retrouve sur le cercueil de Louise de Quengo, dame de Brefeillac, decouvert au Couvent des Jacobins de Rennes en 2015 - Photo Rozenn Colleter, Inrap

    Le passé en réalité virtuelle

    Le « village » de l’archéologie fera notamment découvrir comment les dernières technologies 3D permettent de redécouvrir le passé. L’atelier "Réalité virtuelle et 3D en archéologie" présentera les nouvelles technologies numériques de réalité virtuelle, impression 3D ou imagerie médicale qui fournissent aux archéologues des méthodes de travail innovantes.

    À travers une démonstration par casques Oculus Rift et d’écrans stéréoscopiques, cet atelier exposera les derniers résultats d'une étroite collaboration au sein du projet CNPAO (Conservatoire numérique du patrimoine archéologique de l'Ouest) entre le laboratoire d'informatique IRISA, le laboratoire d'archéosciences CReAAH, l'Inrap et Image ET.

    Au laboratoire de Merlin, l’atelier "Explorer le passé en 3D" fera découvrir aux curieux le scanner laser et la photogrammétrie, qui permettent d’obtenir des représentations en 3D des sites et du mobilier archéologique. Une proposition de l’association Men Ha Houarn et du CNPAO.

    Le dispositif Oculus Rift à tester pour découvrir la salle du jeu de paume de Rennes -UR1/DirCom/MW

    Bus Cultural Common Connections, l'archéologie du littoral en transit entre l'Angleterre et l'Espagne

    Le bus découverte du projet européen Common Cultural Connections (CCC) stationnera devant les Champs Libres, dernière étape de sa tournée française. Visant à améliorer la connaissance et la compréhension de l’héritage culturel commun au Royaume-Uni, à la France et à l’Espagne, cette installation mobile comprend une exposition ainsi que des animations pédagogiques (projet soutenu par le programme européen Creative Europe).

    Le bus Common Cultural Connections -CreAAH

    Ailleurs dans la métropole rennaise

    Vendredi et samedi, des visites commentées menées par des guides conférenciers de Destination Rennes/Office du Tourisme et un archéologue de l’Inrap se dérouleront à travers la ville pour en faire découvrir ses vestiges gallo-romains et médiévaux.

    Samedi, une conférence « La forge et le forgeron » à Orgères (35) reviendra sur une fouille effectuée par l’Inrap en 2012, qui a permis de mettre au jour les vestiges d’une installation gallo-romaine dédiée aux activités métallurgiques.

    À Bourgbarré le même jour, le chantier de fouille préventive mené par l’Inrap sur le site de la ZAC de Bourgbarré Nord (11 hectares) ouvre ses portes aux visiteurs curieux de découvrir ses vestiges des époques gauloises et gallo-romaines.

    Le chantier de fouille en cours, à visiter à Bourgbarré le 20 juin 2015 - Crédit : D. Gouray / Rennes Métropole

    *IRISA : Institut de recherche en informatique et systèmes aléatoires

    CReAAH : Centre de recherche en Archéologie, Archéosciences, Histoire

    Ces deux unités mixtes de recherche comptent l'université de Rennes 1 parmi leurs tutelles.